"Hé! Dieu, si j'eusse étudié...", le testament François Villon
Publié le 1 Mars 2016
François Villon, poète du Moyen Âge, nous livre dans "Le Testament" ses angoisses et sa peur réelle de la mort. Il arpente ses souvenirs regrettant son passé. Il nous livre ses remords sur ses années perdues à ne pas avoir donné le meilleur de lui-même pour devenir un homme respectable ou respecté.
Ce poème est composé de 186 strophes. Chaque strophe aborde un sujet qui l'émeut. Il lègue à sa mère une ballade. Il donne son corps à la terre. Il offre une part de lui-même à ses amis.
Au-delà de la mise en scène de son testament public, François Villon offre une méditation profonde sur son propre destin et les rouages qui permettent de se révéler à soi-même et aux autres.
Voici quelques strophes à méditer!
Le testament (1461)
XXVI
Hé! Dieu, si j'eusse étudié
Au temps de ma jeunesse folle
Et à bonnes moeurs dédié,
J'eusse maison et couche molle.
Mais quoi! je fuyais l'école
Comme fait le mauvais enfant.
En écrivant cette parole
A peu que le coeur ne me fend. (...)
XXIX
Où sont les gracieux galants
Que je suivais au temps jadis,
Si bien chantants, si bien parlants,
Si plaisants en faits et en dits?
Certains sont morts et raidis,
D'eux il n'est plus rien maintenant:
Qu'ils aient repos en paradis
Et Dieu sauve le demeurant!
XXX
Et les autres sont devenus,
Dieu merci! grands seigneurs et maîtres;
Les autres mendient tout nus
Et pain ne voient qu'aux fenêtres;
Les autres sont entrés en cloîtres
De Célestin et de Chartreux,
Bottés, houssés comme pêcheurs d'oîtres:
Voyez l'état divers d'entre eux!

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